Le lombricompostage, ils en sont fans

« Une manière de jeter autrement »

Depuis avril 2013, près de 80 foyers du territoire de l’agglomération se sont équipés de lombricomposteurs. Nadine Galaubet, retraitée installée en appartement à Bayonne, milite pour ce procédé de compostage de déchets organiques. Une manière de « jeter autrement » qui fait écho à sa manière de « consommer… autrement ».

Dans les maisons de la côte basque, il n’est pas rare de voir les composteurs figurer parmi les attributs de jardins. En immeuble, ces dernières années, des lombricomposteurs ont fait leur apparition sur des terrasses, ou dans les appartements de rez-de-jardin. Si le geste reste encore confidentiel, la pratique tend à se développer. Car le lombricompostage, outre le fait de valoriser les déchets organiques en compost,  permet d’alléger les poubelles et de faire un geste pour la planète.

 

« C’est une manière de participer à la protection de l’environnement. Et surtout, c’est également cohérent avec ma façon de consommer - j’achète par exemple mes légumes via une Amap (1) -  et de jeter autrement ». Nadine Galaubet, jeune retraitée dynamique, fait partie des personnes à s’être dotées d’un lombricomposteur auprès de l’Agglomération Côte Basque - Adour, dans le cadre d’une campagne initiée en avril 2013.  

 

« J’étais déjà adepte de cette pratique lorsque je résidais à Pau. Je faisais d’ailleurs partie des 80 familles pionnières à tester cette pratique. J’habitais alors dans un appartement situé au 4e étage et le lombricomposteur se trouvait sur mon balcon  ».

 

Aujourd’hui installée dans un bâtiment de rez-de-jardin, chemin de Laharie à Bayonne, la dame a trouvé une place de choix sur sa petite terrasse de rez-de-jardin, entre le mur et la baie vitrée. Là comme à Pau, rien ne vient déceler la présence d’un réceptacle de détritus où s’épanouissent des centaines de lombrics. Ni odeur, ni ver de terre à proximité de la poubelle verte à étages.

 

 

« Rien ne se perd »

« Ce qui m’a toujours intéressée, c’est de jeter autrement, indique cette citoyenne. Je suis issue d’une famille paysanne et chez nous, rien ne se perdait. Les épluchures étaient données au cochon, on appelait cela les pluches. » Le principe est ici le même : jeter mais pour que cela serve. « Rien ne se perd. » « En fait,  ce qui me plaît avec ce système de recyclage des déchets comestibles, c’est de créer un milieu vivant. Par mon action au quotidien, je crée les conditions pour que les lombrics profitent de leur milieu, se reproduisent et créent à leur tour une matière organique qui se retrouvera dans la terre. » Chaque jour, Nadine Galaubert veille avec soin à ce que ces discrets occupants ne manquent de rien.

 

« Quand j’ai acheté le lombricomposteur au Centre technique de l’environnement, j’ai reçu par la poste un carton contenant environ 500 vers. A la litière terreau fournie, j’ai ajouté une litière papier et cartonnée, dans un premier temps, pour que les lombrics s’acclimatent. J’ai ensuite donné des déchets organiques, à petite dose au début. » Il faut savoir que les vers de terre auto-régulent leur reproduction en fonction de leur habitat. Il ne peut y avoir surpopulation. » 

 

Au quotidien, la dame veille à ce que le composteur ne soit pas trop chargé en humidité ou en produit azoté. 

 

De la même manière, elle met régulièrement des coquilles d’œuf, des restes de thé ou le marc de café. En revanche, point d’agrumes… restes de viande ou de poisson, encore moins de sauces ou de produits laitiers…

 

 

Lombricompost et thé de compost.

Cette technique suppose aussi d’autres précautions : « un régime régulier en quantité et en qualité, une température entre 5 et 30°, pas de lumière et peu de bruit… » « Si les vers de compost évoluent bien dans leur environnement, ils ne sortent pas du réceptacle et s’activeront à digérer les déchets organiques pour les transformer en deux produits : le lombricompost, riche en nutriments, idéal pour mélanger au terreau des plantes, et un thé de compost, un liquide de couleur foncée récupéré dans le fond du lombricomposteur. « Cette sorte d’engrais peut être utilisé pour les plantes, à condition de le diluer dans l’eau car il est très fort. » 

 

Deux fois par an, la citoyenne bayonnaise récupère le compost et le liquide. Elle avance un autre bénéfice : ses poubelles d’ordures ménagères (dans les sacs noirs) sont ainsi allégées de près de 40 kilos par an. « C’est un petit geste en faveur de la nature, mais, à force de témoigner de ses bienfaits, le lombricompostage gagnera des adeptes, notamment chez les personnes habitant en immeuble. C’est un message que je me plais à passer… »  Un message que les enfants parmi ses proches ont reçu cinq sur cinq, intéressés par cette technique et ces occupants d’un genre nouveau. « Reste à convaincre les aînés, glisse la dame dans un sourire. Je m’y emploie. » 

 

(1) Il s’agit d’une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne à Bayonne (AMAP).

 

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